Capsules éducatives et chroniques

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Glace ou chaleur ?

Lors d’une blessure et de l’apparition de symptômes douloureux ou inflammatoires, une intervention précoce est primordiale afin d’optimiser la guérison, avoir le meilleur pronostic possible et ainsi éviter la chronicité. Il existe 2 agents physiques naturels que nous avons tous à notre portée pour débuter une forme de traitement à domicile pour les blessures communes en orthopédie, soit l’application locale du froid et de la chaleur. Tout le monde a déjà tenté de se soulager en faisant ces types d’applications, mais peu de gens connaissent réellement les effets et les indications de ces traitements thermiques. Voici donc un tableau afin de démystifier la chose :


Le froid :

  • diminue la circulation sanguine locale (vasoconstriction)
  • réduit l’activité cellulaire et métabolique locale (effet anti-inflammatoire)
  • diminue l’activité des fuseaux neuromusculaires, donc relaxe les muscles en réduisant les spasmes
  • amène un effet antalgique
  • entraîne une raideur tissulaire temporaire

La chaleur :

  • augmente la circulation sanguine locale (vasodilatation)
  • accroît l’activité cellulaire et métabolique locale (effet réparateur)
  • relaxe les tensions musculaires et favorise l’élasticité tissulaire
  • amène un effet antalgique 

Avant de discuter des principales indications thérapeutiques, il est nécessaire d’introduire 2 notions importantes :

  • Les différents stades de la pathologie (phase aiguë, subaiguë et chronique)
  • La nature et les comportements de la douleur (douleur chimique vs mécanique)

 


En PHASE AIGUË (de 3 à 10 jours ou même plus selon la lésion) :

Les nocicepteurs sont à vifs, les spasmes musculaires sont courants et la cascade inflammatoire s’installe. Nous faisons plus régulièrement face à des douleurs chimiques, d’intensité modérée à élevée, plus fréquentes ou constantes, ainsi présentes au repos et pouvant perturber le sommeil. Donc, n’hésitons pas et adoptons une approche systématique : le froid est LE CHOIX de première ligne. Il est DÉCONSEILLÉ d’utiliser la chaleur en phase aiguë afin de ne pas avoir un effet contributif à l’inflammation.
 

En PHASE SUBAIGUË (quelques jours à quelques semaines) :

Notre choix peut osciller entre le froid et la chaleur, dépendamment des paramètres de la douleur (chimique et/ou mécanique), des signes inflammatoires ainsi que l’effet thérapeutique perçu par le patient.
 

En PHASE CHRONIQUE (durée variable) :

Nous recommandons la chaleur, sauf bien sûr pendant les épisodes de crises plus symptomatiques. Le froid et la chaleur existent évidemment sous plusieurs formes et les techniques d’application sont variées. Voici ce que nous préconisons comme forme de traitement simple, peu coûteux et qui épouse bien la zone corporelle à traiter:
 

FROID

  • Sac « Ziploc » avec neige ou glace concassée (et non des cubes!)
  • Sac de légumes surgelés
  • Gel chimique (cold pack)
  • Bain froid
  • Massage avec cube de glace


Paramètres d’application

  • 12 à 15 minutes (tissus superficiels)
  • maximum 20 à 30 minutes (tissus profonds)
  • avec une interface conductrice minimale (papier essuie-tout, serviette humide, …)
  • À intervalles réguliers (minimum 2 heures)

    ***ATTENTION : afin d’éviter les engelures et un phénomène de vasodilatation réflexe non désirée, NE PAS dépasser ces temps limites

    Pour le massage direct à la glace (application dynamique visant les tissus plus superficiels et l’inhibition de points gâchettes ou douloureux) : 
    5 à 7 minutes, maximum 10 minutes

 

CHALEUR

  • Bouillotte d’eau chaude
  • Serviette humide dans le four à micro-ondes
  • Gel chimique (hot pack)
  • Le fameux « Sac Magique » (rappelez-vous qu’il ne deviendra jamais assez froid au congélateur pour remplacer une application de glace, etc.)
  • Bain chaud


Paramètres d’application

15 à 20 minutes, maximum 30 minutes avec une interface conductrice minimale (papier essuie-tout, serviette humide, etc.)

Dans le cas de lésions périphériques entraînant des phénomènes inflammatoires (œdème) importants ou persistants, nous pouvons recommander le traitement par BAINS CONTRASTES à l’aide de 2 bacs d’immersion (chaud/froid). Eh non, il ne s’agit malheureusement pas de prescrire un forfait dans un spa nordique! Il s’agit plutôt d’une procédure ayant pour but de favoriser la sécrétion d’endorphines et de stimuler la circulation sanguine locale (effet vasomoteur de pompage favorisant le retour veineux et lymphatique) grâce aux changements vasculaires brusques induits par vasodilatation/vasoconstriction.

Selon certaines évidences scientifiques, voici les paramètres proposés :
Durée totale du traitement (selon la tolérance du patient): 15 à 30 minutes
Ratio des temps en minutes (chaud/froid): 2:1, 3:1 ou 4:1
T° visées pendant tout le traitement:
Eau chaude : 38 à 44 °C
Eau froide : 10 à 18 °C

*PAS de consensus dans la littérature quant au choix pour l’immersion initiale et finale, mais tendance légèrement plus forte à privilégier un début en eau chaude et une fin en eau froide.

Nous espérons donc que cette mise à jour sera bénéfique pour vous. Pour de plus amples précisions concernant les contre-indications et précautions relatives à ces formes de traitement, n’hésitez pas à nous contacter.

L’équipe de Physiothérapie BIOKIN